Road trip québécois, deuxième partie

Après notre traversée depuis Les Escoumins vers Trois Pistoles, avons dormi sur le parking d’une fromagerie très réputée pour ses variétés de cheddar : la fromagerie des basques. Dit comme ça c’est pas très ragoutant mais en réalité, nous avons pu profiter d’un endroit calme avec une belle vue sur le Saint-Laurent.

Le parc national du Bic

À trente minutes au nord de notre point d’arrivée avec le traversier se trouve le parc national du Bic. De manière générale, tous les parcs du Canada ou du Québec proposent un tas de sentiers de randonnée très bien indiqués ainsi que de nombreuses autres activités. Pour nous, la randonnée est un moyen économique de découvrir les paysages et la faune locale. Nous nous sommes donc fait une marche dans le parc en bord du fleuve Saint-Laurent (qui ressemble plus à une mer maintenant que la rive d’en face n’est plus visible). L’occasion de voir quelques phoques se battre pour un coin de rocher où se faire sécher pour muer avant l’hiver.

Le phoque commun, aussi connu sous le nom de banane de mer.

Rimouski et ses alentours

Ce qui nous attendait à Pointe-au-Père

Nous avons passé la nuit à Rimouski, ou plus précisément à Pointe-au-Père, un cap au large duquel a fait naufrage un navire deux ans seulement après le Titanic (soit en 1914). La notoriété de cette catastrophe a été éludée par la première guerre mondiale mais le musée sur l’Empress of Ireland est très ludique et intéressant. À côté de ce musée se trouve également le sous-marin Onondaga, naufragé lui aussi mais qui a été ramené à terre et rénové pour qu’on puisse le visiter et même y dormir ! On a également pu visiter le phare qui se trouve dans la même zone.

Nous profitons de l’après-midi pour faire une randonnée dans le canyon des portes de l’enfer où culmine la plus haute passerelle de bois du Québec (63m).

Entrée en Gaspésie

Ça y est, nous quittons la région du Bas-Saint-Laurent pour entrer en Gaspésie, par sa porte « principale » : le village de Sainte-Flavie. Sur la route, nous visitons l’hydromellerie du Vieux Moulin dont le propriétaire présente également une impressionnante galerie d’objets amérindiens et colons datant de l’époque de la Nouvelle France. Ça transpire la passion et le musée fonctionne sans subvention.

Le midi, nous inaugurons notre arrivée dans la région comme il se doit, par une guédille au homard.

Nous passerons également l’après-midi aux jardins de Métis (ou jardins d’Elsie Reford), reconnus internationalement comme une œuvre exceptionnelle d’art horticole. Il faut au moins deux heures pour en faire le tour et ça vaut le coup d’œil tant il y a de variétés de plantes et de fleurs.

Pas de temps à perdre puisque quelques kilomètres plus loin, nous tombons sur une fromagerie où nous avons pu acheter autre chose que du cheddar et qui a vraiment du goût ! Petite victoire

La journée se finit à Matane sur, une fois n’est pas coutume, un coucher de soleil.

Réserve faunique de Matane

Après une journée entière à Matane à laver notre linge, à manger dans la boulangerie Toujours Dimanche et à écrire le précédent article, nous avons enfin une météo pas trop mauvaise et du linge propre. L’occasion rêvée pour inaugurer l’activité Grand Safari d’Automne : « […] une occasion unique d’assister au remue-ménage légendaire de septembre. Les ours, se préparant pour l’hibernation, deviennent plus actifs. Les orignaux, eux, ont la tête aux amours et se chantent la sérénade, entrant tranquillement en rut. Le castor, lui, s’active à terminer ses préparatifs pour l’hiver.« 

Notre guide, Dereck, nous indique que c’est l’inauguration pour lui aussi. Nous sommes quatre à participer à l’activité censée durer 4h30 qui dura finalement 6h. Avant la tombée de la nuit et tout en roulant vers le site d’observation de l’ours, Dereck nous parle beaucoup des castors et nous montre les différents barrages et huttes qu’il construit pour inonder des zones et les habiter ensuite, un fin constructeur le castor !

Vient ensuite l’observation de l’ours : 1h45 sans bouger dans une cabane, il faut être patients mais ça paye. À peine la nuit tombée, une ourse assez énorme vient se nourrir aux appâts qu’a déposé le guide. Pas la manière la plus naturelle d’observer un ours mais c’est quand même plus palpitant que dans un zoo ! 😀

Maman ourse

Quelques minutes plus tard, Dereck nous dit qu’il faudrait déjà partir pour espérer voir ou entendre un orignal car c’est l’heure à laquelle ils sortent. Même lui restera abasourdi par la chance qu’on aura ce soir là. Il nous avait annoncé qu’on pouvait tromper un orignal pendant la période des amours en lui faisant croire qu’on est un mâle à la recherche d’une femelle, même en conduisant un autobus avec les phares allumés… Moui.

Mais alors qu’une femelle apparut dans les phares dudit autobus, Dereck arrêta le moteur et commença à faire des « appels » de mâle. Au lieu de prendre la fuite à la vue des phares et au bruit du moteur, la femelle s’approcha à moins de cinq mètres de nous avant de se rendre compte que non, c’est pas un bel orignal qui l’attend, c’était incroyable !

Ce scénario se reproduira un peu après et là, deux orignaux dont un mâle se présentent à nous tandis que le guide frotte des bois d’orignal contre les branches, émet divers sons et arrache de l’herbe pour faire croire qu’il broute. Ça les rend tellement curieux qu’ils nous répondent par d’autres cris et s’approchent tout près du bus.

Une soirée magnifique et émouvante dont on se souviendra longtemps.

Parc national de la Gaspésie

Comme nous avons vu des orignaux il y a quelques jours, mais de nuit, l’ambition est de prendre une randonnée où nous avons quelques chances d’en apercevoir de jour. Nous prenons donc la randonnée la plus propice pour ça selon les guides : le Mont Ernest. Ça grimpe un peu mais ça en vaut la peine pour la vue : des montagnes à perte de vue, on se croirait dans le Vercors (sauf qu’on n’est pas dans les Alpes). En plus de ça, la chance nous sourit encore une fois et nous pouvons apercevoir une maman et son petit veau (petit orignal).

Après une nuit dans le camping du parc où nous sommes littéralement 2 pour cinquante emplacements, sans électricité et sans poste d’accueil, nous abandonnons la randonnée du lendemain à cause d’une météo capricieuse et nous dirigeons vers…

Le parc national du Forillon

Élu plus beau parc du Québec par nous-mêmes, en partie parce qu’il a fait beau les deux jours que nous y avons passé, c’est le parc le plus à l’est du Québec. La route pour y accéder longe l’océan déchaîné et est bordée de nombreux phares. Malgré notre arrivée tardive au parc, nous décidons de faire une randonnée de 3h environ pour essayer d’apercevoir des animaux. Au lieu de ça, nous aurons droit à une magnifique vue sur le cap Gaspé, un coucher de soleil et une conversation avec André Miller : l’un des dix archéologues des parcs nationaux de tout le Canada. Une marche très agréable qui laissera de belles courbatures tant on aura cavalé de peur de tomber sur un ours !

Le deuxième jour dans le parc est l’occasion de prendre la deuxième randonnée la plus fameuse ici : se rendre au bout du monde qui est le point le plus à l’est de la péninsule et qui longe la mer. On y voit de nombreuses déjections d’ours mais pas d’ours et au bout, de nombreux oiseaux et phoques profitent de cet endroit paisible.

Une journée déjà bien chargée à laquelle nous rajoutons une excursion en kayak de mer dans la plus grande colonie de phoques du Québec (environ 400 individus). Un peu stressant de faire du kayak au milieu des vagues pour les débutants que nous sommes mais une super sortie où nous avons même vu des Fous de Bassan chasser en plus des phoques curieux à 10m de nous !

C’est donc la pointe est du Québec qui conclut cette deuxième partie du road trip. À très bientôt pour la suite !

Laury et François

3 Comments

  1. Hello les Gaspésiennes et Gaspéziens ! C’est magnifique . Caisse que vous en savez si le porc équipe mange, le phoque dort, l’oiseau vole, le poisson nage, l’ours fait KK, … ?
    Piou n’a pas l’air tranquille: la main sur la détente de son arme dans la barque, prêt à zigouiller un BB phoque ( tassion Laury, y sait pas viser) pour se faire une veste.
    Bon, pas besoin d’aller si loin pour voir des Fous de…, des Originals, des ours avec tonneaux métalliques (Peaugres), profitez biens et des byses à tout les 2.
    P’pa

  2. ANNIE PERRET

    Coucou les amoureux. Comme d’hab, reportage super intéressant, magnifiques photos.

    Nous apprenons beaucoup grâce à vous et cela nous fait toujours plaisir de partager vos émotions et vos expériences.

    Nous attendons avec impatience la suite de vos aventures.

    Bises muroises

  3. Christophe

    C’est super. Merci !
    Bises

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