Road trip québécois, première partie

Ça y est, c’est pour vrai. Au moment où j’écris ça, nous sommes dans le traversier entre les Escoumins et Trois-Pistoles, c’est à dire qu’on a quasiment fini le premier tiers de notre voyage sur la route durant trois semaines.

En parlant de van, commençons par le commencement : nous avons loué un van à une société. Quand je dis van, je parle d’un Dodge Grand Caravan (c’est à dire un monospace familial) aménagé pour y dormir et pouvoir y cuisiner. Nous disposons d’une cuisine fonctionnelle intégrée à l’arrière du coffre : glacière, gazinière, ustensiles, réserve d’eau et évier. Tout comme un grand camping car, mais en tout petit mini : pas de vrai rangement pour les vêtements, pas de douche ni de toilette. Une partie de notre quotidien consiste donc à trouver où dormir, où se laver, où faire nos besoins et avoir de la bouffe et de l’eau potable. Quand on a réglé ça, on peut donc profiter de tout le reste. 🙂

Parc de la Mauricie

À deux heures de Montréal, voici notre premier arrêt. Après une première nuit à prendre nos marques (et surtout après avoir compris que notre principal fléau serait les moustiques), nous voici frais et d’attaque pour randonner à la journée dans le magnifique parc de la Mauricie. Le parc est fait de telle sort qu’on peut entrer par le sud et ressortir par le sud-est, ce qui nous arrange car la sortie nous mène sur la route pour la suite du trajet. Le circuit à l’intérieur du parc fait 63 km donc il vaut mieux éviter de se planter.

On s’est plantés.

Arrivés à mi-chemin (30km à 50km/h), nous tombons sur un barrage routier que nous n’avions pas vu sur la carte. Obligés de faire demi tour pour rejoindre la route prévue, contourner tout le parc, je vous laisse imaginer. On a donc fait une randonnée plus courte que prévu et sous la pluie.

Le lot de consolation c’est que le chemin pour aller à la Tuque (notre prochain arrêt) s’appelle la route des rivières et c’est une route magnifique, qui longe des rivières d’environ 100m de largeur entourées de forêts vierges de toute habitation.

Nous finirons la journée par un repas au bord d’un lac et d’une chute d’eau, pas si pire pour la fin de journée.

Malgré la météo, la vue est belle.

C’est ici que nous prenons le repas du soir

Val Jalbert

Prochaine destination, Val Jalbert. Proche du lac Saint-Jean, c’est une ville du début du siècle dernier qui a été à la pointe de la technologie : électricité dans toutes les maisons, eau courante et salaires élevés. L’activité gravitait autour des chutes d’eau de Ouiatchouan où avait été installée une fabrique de papier utilisant l’énergie des chutes pour fonctionner. Quelques décennies plus tard, la ville pourtant prometteuse et dynamique fut abandonnée lorsque la fabrique dût fermer.

Ce sont des passionnés, historiens et descendants des familles qui ont entretenu le village pour en faire une attraction touristique où l’on découvre le quotidien des habitants de cette époque. Très touchants, les témoignages et différents lieux sont bien restaurés et on y passe facilement la journée.

Nous avons également profité d’être à proximité du lac pour goûter aux spécialités locales : la tourtière du Lac Saint-Jean et la tarte aux bleuets. On vous laisse goûter pour vous faire votre idée, peut être que notre adresse n’était pas très bonne…

Le lac, quant-à-lui, s’apparente presque à une mer d’Europe tant il est vaste, la rive opposée est au niveau de l’horizon !

Le couvent-école de Val Jalbert

La route est belle par ici, le temps passe vite avec ce paysage !

Le parc du Fjord du Saguenay

Au parc du Fjord du Saguenay, nous voulions faire l’incontournable via ferrata avec vue sur le fjord, seulement la météo était aux averses et nous avons préféré jouer la sécurité en faisant une randonnée le matin où le temps était plus clément. Trois heures aller-retour pour cette magnifique randonnée le long des falaises nous ont bien épuisés mais ça en valait la peine. En plus, la pluie commence à tomber à notre retour, pas déçus !

En attendant que notre linge soit propre au camping, nous avons fait quelques rencontres. Tout d’abord deux amies françaises, la cinquantaine, sans voiture, avec seulement leur hamac et leur sac à dos pour faire une route qui se précise au fil des jours : déterminées. Ensuite, nous avons rencontré Pauline et Quentin, un couple de français fraîchement arrivés au Canada qui viennent d’acheter le même véhicule que nous louons, dans le même garage. On a donc pu échanger nos astuces et bons plans pendant que le linge séchait.

Tadoussac et ses baleines

Située à la confluence du Saint-Laurent et du Saguenay, et tout proche de l’océan, c’est à Tadoussac que l’eau douce et l’eau salée se rencontrent. Cette position clé ainsi que la géographie des fonds marins en font un lieu idéal pour l’observation des espèces marines qui viennent s’y reproduire et faire leur graisse pour l’hiver.

Il nous faut la matinée pour faire le tour de Tadoussac. C’est une petite et charmante ville côtière riche en histoire qui vit les premiers traités de paix entre français et amérindiens ainsi que l’un des premiers poste de traite. La ville abrite également la plus ancienne église en bois du Québec et du Canada (1750).

Comme nous sommes impatients de voir des baleines, nous prenons le pique-nique au milieu des rochers à la pointe de la confluence avec les jumelles dans une main et le sandwich dans l’autre. Mais même pas le temps de croquer une bouchée qu’une femme à côté de nous s’écrie, toute excitée « Regarde un rorqual ! » en pointant du doigt une direction dans laquelle nous nous empressons de regarder. Et effectivement pendant l’heure qui suivit, nous n’avons fait que de regarder des rorquals communs (entre 21m et 23m de long) et des bélugas ainsi que des marsouins. Les voir dans leur milieu naturel pour la première fois de notre vie, c’était beaucoup d’émotions.

Le lendemain matin, rendez vous à 10h aux Escoumins (à côté de Tadoussac) pour une expédition en mer sur un gros zodiac où nous sommes une vingtaine. Accompagnés d’une naturaliste, nous partons à 30 minutes au large dans l’espoir de voir des baleines de près et d’en apprendre un peu plus sur ce milieu que nous ne connaissons que très peu. Aucun regret puisque dès notre arrivée sur le spot des baleines, c’est tout simplement le plus gros animal au monde, présent assez rarement dans cette zone, qui est venu manger : la baleine bleue. Ou devrai-je dire : les baleines bleues puisque nous avons la chance de voir deux de ces magnifiques animaux. L’une d’elle nous montre même la queue avant de plonger.

De retour sur le quai et en attendant le ferry pour traverser (depuis lequel j’ai commencé cet article, si vous avez suivi :D), nous avons aussi le plaisir et la chance de voir à quelques centaines de mètres des phoques qui nous observent. On dirait des bouchons de liège avec seulement leur tête qui dépasse de l’eau.

Rorqual commun, vraiment proche !

Ici se termine la première partie de notre road trip. En attendant la suite, on vous fait des bises et on vous dit à très bientôt !

Laury et François

One Comment

  1. Annie et Roger

    Comme d’hab, super votre reportage. Profitez un max… En attendant la suite.

    Bises à vous 2

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Pour ne rater aucun article,
abonnez vous à notre newsletter